Thomas Coville : « En Ultim, le monde de la data est entré au cœur du pilotage» !
Thomas Coville n’a manqué aucune édition de la Route du Rhum depuis sa victoire en monocoque en 1998. Ensuite, il a toujours pris le départ en multicoque et sous les couleurs de Sodebo. En 2026, il s’élancera pour la deuxième fois à bord de Sodebo Ultim 3, un maxi-trimaran de 32 mètres de long par 23 mètres de large particulièrement exigeant à mener en solitaire sur l’Atlantique. Mais contrairement aux marins des Ocean Fifty, pour qui le chavirage constitue une crainte majeure (lire ci-dessous), Thomas Coville redoute d’autres avaries. « J'appréhende davantage la casse d’un appendice ou d’un plan porteur », précise-t-il.
Au-delà du risque de casse, l’un des grands enjeux consiste à maintenir des vitesses supérieures à 40 nœuds (74km/h) pendant plusieurs heures, tout en maîtrisant la complexité des réglages. « La vitesse fait monter le niveau d’exigence. Cela demande une acuité et une concentration extrêmes, physiquement et mentalement, souligne Thomas. Si on n’est pas en mesure de régler de manière optimale, la perte de vitesse peut être énorme, de l’ordre de 15 nœuds. L’Ultim devient alors comme un albatros à qui on coupe les ailes. »
Deux éléments, parmi bien d’autres, sont essentiels à la performance : le travail sur les pilotes automatiques et la gestion des données. « En solitaire en Ultim, le monde de la data est entré au cœur du pilotage », confirme Thomas Coville. Très protégé, le cockpit de Sodebo Ultim 3 permet au skipper de manœuvrer au sec. En contrepartie, il le coupe davantage des éléments. « On navigue en quelque sorte à l’aveugle, c’est un peu comme rouler en voiture les yeux fermés, la nuit avec de la pluie », image-t-il. D’où l’importance de pouvoir se fier aux données. Sodebo Ultim 3 compte au total près de 500 points de mesure, tandis qu’une soixantaine d’alarmes peuvent se déclencher et maintenir le skipper en alerte permanente. Une vigilance qui devra être maintenue pendant toute la durée de la Route du Rhum 2026, estimée entre cinq jours et demi et sept jours par Thomas Coville.
Face à une telle exigence, comment dormir, comment s’alimenter ? « Ma durée de sieste idéale est très précisément de 23 minutes. Au-delà, je tombe dans un vrai sommeil profond et il devient difficile de me réveiller. Je peux parfois enchaîner plusieurs cycles, si la situation est stable. Sur une période de 24 heures, je dors généralement deux heures et demie », détaille Thomas Coville. Il reconnaît aussi avoir du mal à s’alimenter et à s’hydrater suffisamment. Pour cela, il peut compter sur des lyophilisés conçus spécialement par le labo R&D de son partenaire de toujours Sodebo avec des recettes spécifiquement adaptées à l’intensité de la course et à ses goûts.