#Nice UltiMed

Sodebo Ultim' remporte Nice UltiMed Une première victoire en Méditerranée !

Après 72 heures d’un duel haletant en Méditerranée contre IDEC Sport, Sodebo Ultim’ et ses six équipiers emmenés par Thomas Coville remportent Nice UltiMed. Dans les petits airs devant Nice, Thomas Coville, Jean-Luc Nélias, Thierry Douillard, Quentin Delapierre, Thomas Le Breton et Matthieu Vandame ont franchi la ligne d’arrivée à 13h 59 min et 28 secondes après 3 jours 57 min et 28s de course.

Le match entre les deux équipages aura duré 72 heures. Pendant ces trois jours sur un parcours de 930 milles, Sodebo Ultim’ et IDEC Sport se sont affrontés et marqués sur l’eau quasi en mode match race.
En larguant les amarres mercredi, Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim’, confiait qu’il rêvait de cette confrontation. Un duel qui a tenu ses promesses puisque les bateaux ne se sont pas lâchés, nous offrant un mano à mano très intense.
Partis mercredi 2 mai 2018 à 13h02 devant Nice, les Ultims ont réalisé une boucle de 810 milles entre les îles du Frioul, le Sud de la Sardaigne en remontant la Corse par l’Est avant de virer cette nuit devant Nice pour repartir sur une boucle de 120 milles au large de la Baie des Anges.
Conditions météo caractéristiques de la Méditerranée : pétole, mistral et petite brise, mer d’huile ou très courte et escarpée, les équipages ont rencontré toutes les configurations de mer et de vent. 40 milles au maximum ont séparé les deux trimarans de la Classe Ultim 32/23 !

Thomas Coville et Francis Joyon se sont longtemps affrontés virtuellement sur tous les océans pour faire tomber les records en solitaire du Tour du Monde ou de l’Atlantique Nord. A quelques mois de la Route du Rhum, c’était l’occasion de se jauger à nouveau et de valider toutes les optimisations et modifications réalisées sur le bateau depuis ces deux dernières années.

L’interview de Thomas Coville à l’arrivée de Nice UltiMed

« Nous faisons du sport pour ces moments-là » : « Ces moments de voile sont des moments rares et magiques. La Méditerranée ? C’est toujours plus dur que ce qu’on pense. C’est un terrain de jeu exigeant et difficile. Nous avons été ambitieux sans jamais rien lâcher. Sans des garçons comme ça et mes deux rocks stars Matthieu Vandame et Thomas Le Breton, c’est impossible de réaliser ce genre de combat. Ils sont tout le temps à l’attaque, ils sont quasiment hors normes. Ils se jettent sur les manivelles quand il faut manœuvrer, ils sont impressionnants. Gagner c’est toujours rare et c’est précieux d’y arriver. »
A propos d’IDEC Sport : « IDEC Sport est la référence en course au large. C’est le bateau qui a le plus grand palmarès en France. A bord, Francis (Joyon) a réuni un équipage très expérimenté. On s’est livré une belle bagarre jusqu’à cette nuit. L’adversaire était redoutable. On a eu beaucoup de plaisir à régater contre eux. »
La Méditerranée : « C’est à la fois très physique et mental avec beaucoup de manœuvres et des émotions difficiles à canaliser. Avec nos multicoques de plus de 30 mètres de long, on passe des vitesses folles où on se laisse griser suivies par des frustrations énormes de voir le bateau arrêté dans la pétole. Ce que vous avez construit, vous pouvez le perdre en un rien de temps sans pouvoir rien faire. Il faut alors se concentrer sur ce qu’on peut modifier. »

Les mots de l’équipage

Jean-Luc Nélias : « J’ai vécu cette course sans véritable stress mais avec une grande philosophie. Je savais qu’en Méditerranée, tu peux te faire rattraper et tu peux rattraper. Je ne me suis jamais étonné qu’un bateau puisse nous reprendre 40 milles et qu’on puisse lui remettre 10 milles en deux heures. Ce qui est important c’est d’être premier à la fin ! »

Quentin Delapierre : « Avec ces bateaux qui sont comparables en performances, tu ne peux pas faire le trou. Il fallait vraiment s’arracher pour creuser de petits écarts. L’ambiance à bord était géniale »

Thierry Douillard : « On a vraiment eu le sentiment de faire de la régate pendant 3 jours non stop. Les costauds ont usé de leur bras et pas que. C’était engagé, il y avait du boulot pour 6 personnes. »

Matthieu Vandame : « C’était une superbe régate, c’est assez rare que ça se joue de façon aussi serrée. Sur la Coupe de l’America c’était explosif pendant 20 minutes mais là c’était explosif pendant 3 jours ! C’est très très fatigant, c’est une belle première fois en offshore pour moi. On savait que tant que la ligne d’arrivée n’était pas franchie, rien n’était joué »

Thomas Le Breton : « C’était intense, serré et à rebondissements, nous n’avons pas eu le temps de nous ennuyer. Tout le monde a trouvé sa place très rapidement. C’était sans doute pas parfait mais on s’est bien amusé. C’était très efficace. On a eu du mistral dans 38 nœuds avec une belle mer formée, on a eu de bonnes sensations. En moyenne ça allait vite. »

Sodebo, la liberté a du bon !