Au rythme des transitions Une météo changeante

The Bridge, troisième jour de course et ambiance humide à bord de Sodebo Ultim’. Thomas Coville et ses cinq hommes d’équipage sont toujours 3ème, en position de chasseurs derrière MACIF et IDEC. Ils naviguent au près dans des conditions très changeantes avec beaucoup de transitions. Depuis le début de la course, on assiste au jeu de l’élastique dans l’Atlantique Nord. Les écarts entre la tête de course et Sodebo Ultim’ font le yoyo au rythme des passages de fronts et des dorsales anticycloniques. A 16h aujourd’hui, Sodebo Ultim’ a parcouru 1200 milles depuis le départ (2 126km) à la vitesse moyenne : 17.5 noeuds En ligne ce matin, Jean-Luc Nélias le navigateur racontait :

Peux-tu nous donner la carte postale du bord ?

« L’ambiance est plutôt humide à bord ! Il y a des paquets de mer qui passent sur le pont, quand on quitte la casquette c’est haut de ciré obligatoire. Nous avons une fuite qui coule sous le winch de grand-voile : ça a coulé dans la bannette de Billy et son duvet et lui sont trempés… Cela va être compromis de le faire sécher avant la prochaine machine. Les températures se sont rafraîchies depuis hier, il fait 10-12°C et la température de la mer tourne autour de 14°C. On a remis les cirés, les bottes, les polaires et le bonnet ! ça nous change de la canicule du départ ! »

Comment s’est passée la dernière nuit ?

« Nous avons touché 25 nœuds de vent au maximum, et on a fait des pointes à 38 nœuds. Sodebo Ultim’ est comme un cheval fou qui saute sur les vagues, ça bouge beaucoup à bord. Devant, les concurrents vont traverser une dorsale anticyclonique qui va les ralentir : on va pouvoir reprendre un peu notre écart mais c’est le coup de l’élastique : ils vont ralentir puis ce sera nous, puis ils vont réaccélérer avant nous… ».

Comment voyez-vous la suite ?

« Le vent tourne et cela nous oblige à effectuer des virements. Nous faisons toujours les bords les plus rapprochant. Sur les bateaux, nous avons tous les mêmes logiciels de routage : on voit qu’il n’y a pas vraiment d’option possible. Quand tu es devant, cela s’enchaine plus facilement. Il y a environ 120 kms d’écart entre nous et les premiers, et comme à terre, « il ne fait pas le même temps à Quimper et à Morlaix. Ils n’ont pas les mêmes conditions donc ils vont ralentir puis accélérer avant nous. Notre objectif reste de perdre le moins de terrain possible, et de rester en embuscade. Nous allons entrer dans la molle cet après-midi et il y aura beaucoup de manœuvres : des changements et des réglages de voiles. On s’y attendait, on va faire le maximum. On manœuvre à 4 et parfois à 6 ».

Ambiance excellente à bord

« Billy (qui fait sa première transat en course) va très bien, il dort bien, c’est un garçon extraordinaire. Tout le monde va très bien. Thomas qui est habitué du solitaire a l’air bien en équipage. Il ne s’ennuie pas en tout cas. Quand on fait partie du quart de stand by et qu’il n’y a rien à faire sur le pont, on peut faire une sieste sous la table à carte. On l’aurait bien fait devant la cheminée mais on n’a pas de cheminée. »
Sodebo, la liberté a du bon !