#Transat Jacques Vabre

Sodebo Ultim 3 au bout de l’effort Clap de fin sur la Transat Jacques Vabre

Sodebo Ultim 3 a franchi la ligne d’arrivée de la 15e édition de la Transat Jacques Vabre en cinquième position de la catégorie Ultime vendredi 26 novembre, à 22 heures 59 minutes et 41 secondes à Fort-de-France (samedi 27, 3 heures 59 minutes et 41 secondes, heure de Paris). Le duo Thomas Coville-Thomas Rouxel aura mis 19 jours 14 heures 32 minutes et 41 secondes pour couvrir les 7900 milles théoriques depuis Le Havre, à la vitesse moyenne de 16,81 nœuds, il a réellement parcouru 9573,33 milles (20,35 nœuds de moyenne). A leur arrivée en Martinique, les deux skippers ont confié leur satisfaction de n’avoir jamais rien lâché.

« C’était une sacrée transat, on s’en souviendra de celle-là ! » Quelques minutes après avoir coupé la ligne d’arrivée de la Transat Jacques Vabre, dans la nuit de Fort-de-France, Thomas Rouxel – tout juste 39 ans – résumait bien cette 15e édition pas comme les autres. Entre une escale technique à Madère, un trimaran amoindri par un foil tribord blessé et une météo capricieuse, notamment sur le dernier tronçon entre le Brésil et la Martinique, la Route du Café 2021 aura réservé bien des surprises aux deux skippers de Sodebo Ultim 3.

Et dès le départ avec, une fois la Manche dévalée, un golfe de Gascogne barré par une dorsale anticyclonique. « C’est la première fois que l’on se retrouve dans les courants d’Ouessant dans du vent faible et c’est la première fois que je n’arrive pas à affronter le courant en trimaran. On parvient tout de même à repartir, à glisser et à bien tirer notre épingle du jeu, puisque nous sortons en tête au cap Finisterre. On se sent alors dans le match, concentrés, bien avec le bateau, heureux de jouer aux avant-postes avec les meilleurs », commente Thomas Coville.

Commence alors la descente de l’Atlantique dans les alizés, interrompue brutalement par une collision avec un objet flottant non identifié : « On percute très violemment quelque chose qui casse le foil et le fait sortir de ses cales », ajoute le skipper de Sodebo Ultim 3. Après avoir vainement tenté une réparation en mer, les deux Thomas doivent se résoudre à s’arrêter à Madère, où ils sont rejoints par cinq membres du team Sodebo. « Une mission commando, on sent qu’il y a une équipe de dingue et ultra motivée derrière nous, ça nous encourage pour repartir à fond », explique Thomas Rouxel.

Pas question en effet d’abandonner pour le tandem qui, malgré un foil tribord endommagé et un retard conséquent sur ses concurrents, prend la décision de repartir. « C’est difficile émotionnellement car on sait que la victoire est compromise. Mais c’est le tout début de course, elle est encore longue et on se dit qu’il peut y avoir encore des rebondissements, ajoute Thomas Coville. Quand on repart de Madère, nous avons beaucoup de retard, mais nous arrivons à faire une belle descente vers le Pot-au-noir malgré une météo pas facile et notre handicap de foil. »

Après un Pot-au-noir « catastrophique », qui freine considérablement Sodebo Ultim 3, le long aller-retour vers l’archipel brésilien de Trindade et Martin Vaz permet au trimaran de s’offrir cinq jours de belle glisse dans les alizés de l’hémisphère sud. « Au large du Brésil, nous avons retrouvé de belles sensations sur ce bateau incroyable. Et en continuant notre route, après le passage du Pot-au-noir pour la deuxième fois, on attaque comme des fous. Avec Thomas, on a combiné nos états d’esprits pour ne rien lâcher et comme les « finishers » d’ultratrail, on s’est soutenus pour aller au bout de cette aventure », poursuit Thomas Coville.

Le lendemain du passage des îles de Sao Pedro et Sao Paulo dimanche dernier, Sodebo Ultim 3 est parvenu à combler les 550 milles de retard qu’il avait au moment de franchir l’équateur dans le sens sud-nord sur Actual Ultim 3 et revient dans le match pour la quatrième place. Malheureusement, les deux Thomas vont subir une situation météo très perturbée au cours des 1500 dernier milles jusqu’à Fort-de-France, les obligeant à multiplier les empannages – une vingtaine ! –, preuve, une fois de plus, de leur ténacité malgré l’adversité et les embûches qu’ils auront rencontrées tout au long de cette Transat Jacques Vabre.

Qui, pour l’un comme pour l’autre, restera extrêmement riche d’enseignements. « Les Ultim sont des bateaux incroyables sur lesquels on prend énormément de plaisir, même avec un foil endommagé, commente Thomas Rouxel. Techniquement, on a navigué en course pendant 20 jours, c’est un super test pour l’année prochaine et notamment pour la Route du Rhum. On est toujours restés dans la compétition, même si nous étions derrière. Chaque mille que nous reprenions sur nos adversaires était important. Il y a plein de positif pour la suite. » Et ce dernier d’ajouter : « Faire une transat avec Thomas Coville, c’est un peu plus que de faire du bateau, c’était une expérience intéressante, il te pousse à réfléchir. »

Une expérience également appréciée par le skipper de Sodebo Ultim 3, qui conclut : « Je retiens cette rencontre avec Thomas. On a construit une belle histoire, à l’image de Sodebo. Même si je suis déçu du résultat, je suis fier car nous nous sommes dépassés. Nous sommes aussi dans une courbe de progression. » Cette courbe de progression, Thomas Coville et toute l’équipe de Sodebo vont s’attacher à la poursuivre tout au long de l’année 2022 pour préparer au mieux leur prochain grand objectif, la Route du Rhum, cette fois en solitaire.

Sodebo, la liberté a du bon !