#Brest Atlantiques

30 novembre - Le mot du bord du boat captain depuis le convoyage

François Duguet, notre boat captain, raconte le début du convoyage Sodebo Ultim 3 :
« C’est dans une étrange atmosphère que nous planons depuis bientôt une semaine à bord…Il m’aura fallu plusieurs jours pour comprendre et assimiler cette lourde décision d’abandonner la course. Quand on part en mer pour une longue traversée il faut toujours un ou deux jours pour trouver le rythme, s’acclimater et mettre en marche le petit train de la vie du bord. Cette fois ci, au bout de 5 jours je n’étais toujours pas dans ce rythme, je commence seulement aujourd’hui à me sentir bien et en phase avec le bateau et l’équipage… 
En fait tout cela a été un peu précipité, dès notre atterrissage à Afrique du Sud, le compte à rebours de l’organisation de l’escale était lancé avec la mise en place du chantier, valider nos besoins sur place, trouver des tenders, des bras, des fournisseurs… le temps de mettre tout ce cirque en place que le bateau arrivait déjà et c’était parti pour 24 heures de boulot non stop. Un grand coup de chapeau à toute l’équipe technique qui a déroulé le plan d’intervention sans accroc.  Une course dans la course, peu de mots échangés entre nous, juste le nécessaire et beaucoup de travail efficace, le jour, la nuit et le lendemain.
Arrêter ou continuer, le choix ne m’appartient pas, pour avoir été coureur aussi et avoir du abandonner parfois je sais que le jugement serait mal venu. J’étais là pour que la course continue et quand le couperet est tombé, je ne m’en suis pas vraiment rendu compte, je suis resté en course, comme un automate, avec une nouvelle mission de 36 heures afin de mettre le bateau en mode convoyage pour 6 avec les gars… avitaillement, organisation du bord, sécu, équipage, clearance, largage des amarres et comme dans un scénario irréel 48 heures plus tôt, nous voilà en baie de Cape Town, entre Table Mountain et Roben Island, en train de gréer la corne de grand voile et ranger les amarres comme en baie de Quiberon…
Tu appelles tes filles pour leur dire que tu auras 15 jours de retard, et tu te dis qu’il va peut-être te falloir un peu plus de 48 heures pour retrouver le sens des choses… »
Sodebo, la liberté a du bon !