14 juillet Thomas défile à toute vitesse sur l'atlantique nord

Thomas Coville, skipper du trimaran SODEBO ULTIM’ qui tente actuellement d’établir un nouveau record en solitaire, celui de la traversée de l’Atlantique nord à la voile, se trouve actuellement à moins de 800 milles (1480 km) de la pointe sud de l’Angleterre qui marque l’arrivée de ce record. Parti en début de semaine de New York – le mardi 11 juillet 2017 à 8h19 (heure française) -, le skipper de SODEBO ULTIM’ doit franchir la longitude du Cap Lizard avant 10h26 (heure française) dimanche 16 juillet 2017. Thomas Coville avance actuellement à une vitesse moyenne de 29 nœuds et enregistre des pointes à 33/34 nœuds. Il navigue sous grand-voile haute et sous gennaker. Même s’il les a limités parce qu’ils sont particulièrement « énergivores », le skipper solitaire a enchaîné les empannages depuis 24 heures slalomant pour rester dans une zone de vent relativement étroite. Il fait route actuellement vers son objectif qu’il pourrait atteindre samedi soir entre 22h00 et minuit (heure française). Il est aujourd’hui en avance sur le temps de référence.

THOMAS COVILLE en direct de SODEBO ULTIM’ – 14 juillet 2017 – 16h30

« Je prends un pied terrible. J’aime bien régler et manœuvrer le bateau. Je trace un long trait après c’est un peu confus. Je perds le fil car le fait de ne pas dormir, c’est comme si j’avais des trous de mémoire. Je vois très bien la situation météo. Ma route est claire mais les évènements se mélangent. » Quand je ne suis pas à 30 nœuds, je me débrouille pour y être ! « Je suis très toilé tout le temps. J’ai pris un ris à un moment donné mais j’ai presque 800 mètres carrés de toiles au dessus de la tête ! Ce n’est pas la même ambiance que quand tu es sur le tour du monde où je serais sans doute avec un ris dans la grand-voile. Ici, je me mets moins de pression de résultat pour être plus dans la sensation. » La vie à bord « J’ai fait des micro siestes, cinq ou six de 20 minutes depuis le départ. Sinon, je me mets dans le pouf mais j’ai peur de faire un tout droit et de ne pas entendre l’alarme. J’arrive à manger régulièrement et je fais gaffe à ça. Au moment du départ, mon sac d’affaires perso à été débarqué et j’ai moitié moins de vêtements à bord. Il fait froid, surtout très humide et ce n’est pas très confortable Je suis trempé et je macère dans mon jus. L’humidité dégouline, je suis dans un décor de brouillard avec une intensité particulière. » A l’attaque dans le plaisir « Hier j’ai eu le bon feeling celui que tu fais quand tu es dans un état second. J’ai fait un beau coup. En fait, je fais ma météo avec les infos que Jean-Luc (Nélias qui route Thomas depuis la terre) m’envoie et puis sur le pont, c’est un autre sujet où tu dois comprendre les chiffres. Et là, j’empanne au bon moment, ça rentre fort, c’était le bon moment un état euphorique où tu es grisé par la sensation. Je donne tout pour essayer de battre ce record C’est l’un des plus historiques. Je ne regarde pas la carto, j’avance step by step sans me mettre la pression du temps. Mais je suis à fond pour ce record. On verra bien une fois la ligne franchie mais en tout cas j’ose et je suis heureux de le faire. La dernière partie n’est pas évidente avec une zone sans vent qui se déplace. Il ne faut pas qu’elle remonte de trop sur ma route». Trimaran Sodebo ultim    

DE LA VITESSE PURE

Le pari de Thomas Coville n’est pas qu’audacieux, il est aussi ambitieux. Pour traverser l’Atlantique Nord en moins de 5 jours en solitaire, il faut être un athlète. La recette, c’est la vitesse. Il ne faut pas seulement aller vite, il faut aller très très vite et surtout ne jamais ralentir, garder le vent, surfer les vagues, se détendre en restant vigilant, se reposer à bon escient, manger, s’hydrater, rester concentré, analyser les fichiers avec son routeur à terre, manœuvrer, régler, ne jamais douter et surtout pas de son pilote automatique, écouter les grincements de son bateau, supporter le bruit ininterrompu de la vitesse, accepter et prendre ce qui se présente, ce que vous offre la nature en optimisant les conditions de navigation pour que le bateau aille vite, très vite. La traversée de l’Atlantique Nord, c’est partir en avant d’une dépression et rester devant pour garder le bon vent et la mer plate ou du moins … relativement plate. Enfin comme dit Jean-Luc Nélias qui l’hiver dernier était déjà aux manettes de la cellule routage à l’occasion du tour du monde victorieux, « il s’agit de 5 jours pour un gars qui en a fait 49 l’hiver dernier.»  

RECORD DE TRAVERSÉE DE L’ATLANTIQUE NORD 

  • Départ : Ambrose Light devant New York
  • Arrivée : Cap Lizard, pointe sud de l’Angleterre
  • Temps à battre : 5 jours 2 heures et 7 minutes
Si tout se passe bien, SODEBO ULTIM’ est attendu dans la nuit de samedi à dimanche au Cap Lizard en avance sur le temps du record établi mardi dernier par Francis Joyon sur IDEC SPORT. Thomas Coville rejoindra alors directement son port d’attache – son équipe technique devrait monter à bord dimanche matin au large de Brest pour une arrivée du trimaran à La Trinité-sur-Mer en fin de journée.
Sodebo, la liberté a du bon !